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C'était l'enfer!

  • Photo du rédacteur: Vtunes
    Vtunes
  • 10 oct. 2021
  • 3 min de lecture

J'y pensais depuis un bon moment déjà. L'exposition Divina Dali au Grand Quai du Port de Montréal. En chemin, une manifestation contre l'obligation pour les travailleurs de la santé de se faire vacciner bat son plein et nous oblige à modifier notre trajet. J'apprends qu'on y entend les mots liberté et dictature. Mes pensées vont à la population nord-coréenne. Ils doivent envier notre dictature.


À l'entrée de l'exposition, les marques de la dictature sont palpables. On nous demande de montrer une preuve vaccinale. Nous obtempérons, étant bien conscients que notre liberté vient d'être sévèrement restreinte.


Puis, on nous annonce que dans chaque salle de l'exposition, un employé sera présent pour répondre à nos questions. En tout cas, c'est le discours officiel. Nous serons donc surveillés tout au long de notre parcours, de l'enfer au paradis, en passant par le purgatoire.


La surveillance sera particulièrement renforcée autour de l'oeuvre monumentale du nuage (celle que Dali a réalisée pour le film Spellbound de Hitchcock), que les bonzes du régime interdisent formellement de photographier. Une autre restriction arbitraire de notre liberté...


Ils nous annonçaient une Divine Comédie, mais c'est bel et bien une comédie humaine. Nous avançons de salle en salle, épiés dans nos moindres gestes et paroles. La musique de fond ajoute une dimension à l'exposition, mais je n'arrive pas à décrire celle-ci.


Les aquarelles de Dali me permettent pour la première fois d'accéder à une oeuvre célèbre que je n'ai encore jamais lue. Je me désole de ce constat. Avouez que de lire une oeuvre près de sept siècles après sa publication ne démontre pas le plus grand empressement.


Les 101 oeuvres sont réalisées avec brio et démontrent le souci maniaque du détail de Dali (un anatomiste redoutable). Une oeuvre en particulier me rappelle Picasso. N'ont-ils pas fait l'objet d'une exposition commune à Paris en 1980? Les historiens de l'art me corrigeront.


Du côté mondain, j'entends un couple parler de Danté ("e" accent aigu prononcé) à tout bout de champ. En italien, l'accent tonique sur la voyelle "e" n'est-il pas muet en terminaison, en français en tout cas?


Je ne suis pas du genre à m'arrêter aux détails. Mais je me demande cependant pourquoi on ose appeler l'auteur de la Divine Comédie, un artiste célèbre qu'aucun contemporain n'a connu, par son prénom. Peut-être qu'Alighieri se vend moins bien...


Mais revenons à l'exposition. C'est difficile d'interpréter et de se souvenir de 101 oeuvres, que l'on a observées à peine une minute chacune, a fortiori sans les explications savantes d'un curateur ou guide.


J'en retiens une. Poussières d'âmes. Dans mes rêves les plus fous, je n'avais jamais imaginé que des âmes pouvaient être aussi belles, encore moins des poussières. J'ai dû passer plus d'une minute devant celle-là. J'étais rendu au Paradis!


Cette dernière salle, baignée de lumière grâce à la fenestration, est la parfaite conclusion pour l'exposition. On y sort regaillardi, après avoir traversé l'enfer et le purgatoire, la tête pleines d'images dantesques et daliennes.


À la sortie du bâtiment, des bruits assourdissants attirent mon attention et mettent brutalement un terme à ma rêverie. Dans le bassin du port jouxtant les grands silos, j'aperçois des motomarines qui y vont de multiples prouesses, créant de grands remous dans les eaux calmes du fleuve. Probablement des amis du Régime...


Me voilà de retour en Enfer... Exposition jusqu'au 31 octobre 2021!




 
 
 

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